Hayé sarah 5775 : De la mort à la vie

 Deux grands sujets dans notre paracha de la semaine :

1) L’enterrement de notre matriarche Sarah dans la caverne de Makhpéla à Hébron (précédé des tractations d'Abraham pour acquérir le terrain).

2) L'envoi du serviteur d'Abraham (que la tradition reconnaît comme Eliézer) afin de trouver une épouse pour Isaac.

L'inhumation et le mariage. La mort et la vie.

Le mariage qui concrétise, socialement et religieusement, le doux magnétisme de l'amour entre deux êtres (hormis les mariages forcés) ; le mariage qui ouvre aussi sur la cellule familiale : l'engendrement, l'éducation, la transmission de la Tradition.

La mort qui touche toute réalité mondaine : l'érosion dans le monde physique - même les étoiles meurent - la fin des vivants. Fin de la réception de toute information, fin du désir, fin des projets. La poussière retourne à la poussière.

Et le Créateur à l'origine de toutes ces réalités.

« Dieu façonne la lumière et l'obscurité, Il fait la paix et crée le mal (au moins sa possibilité)» déclare Isaïe (45, 6) qui affirme ici le grand principe du monothéisme : rien de ce qui existe n'échappe à Dieu. Pas de concurrent, pas d'ange rebelle, pas de Satan et autre diablotin pour leur faire porter le chapeau de nos souffrances. La mort - et la peine qu'elle engendre - la vie - et la joie qu'elle procure- procèdent du divin Père.

Malgré ces réalités antagonistes, la Torah nous demande d'opérer un choix : le choix de la vie contre la mort, de la lumière contre l'obscurité (ajoutons l'obscurantisme), de la bénédiction contre la malédiction.

Abraham vient d'être profondément affecté par la mort de son épouse bien aimée, compagne fidèle de ses pérégrinations, de ses espérances et de ses doutes. Malgré les pleurs et la douleur, malgré la part de lui-même qui sera ensevelie avec Sarah, le patriarche ne va pas s'enfermer dans son deuil. L'histoire continue, c'est-à-dire la vie continue. En bon père, il va se soucier du mariage de son fils, et à travers ce souci, il va sanctifier la vie.

Abraham va marquer de son empreinte le peuple juif. Malgré nos malheurs passés et présents, en diaspora ou en Israël, nous continuons inlassablement à sanctifier la vie, nous misons sur l'éducation de nos enfants, sur l'espoir de lendemain plus lumineux qu'aujourd'hui. Nous honorons nos morts, mais nous bénissons nos fils et nos filles de nos plus grandes attentes.

Chabbat Chalom

le désir de se confondre avec ses propres origines conduit à la destruction et à la mort.

La passion du passé engendre toujours la mort. C'est la passion du futur qui ouvre à la vie.

Chabbat chalom

Philippe

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