Choftim 5774 : être un roi exemplaire

La paracha de la semaine contient plusieurs thèmes, comme c’est le cas dans le livre de Dévarim (Deutéronome). Cela est compréhensible. Non seulement Moché rappelle à la nouvelle génération née dans le désert les grands événements du passé et les principes de l’Alliance (Bérith) avec Dieu, mais aussi les grandes règles sur lesquelles sera bâtie la société d'Israël.

Parmi ces thèmes, nous trouvons les lois concernant le roi. La Torah présente trois interdits, ou plus précisément trois restrictions à son pouvoir : Pas trop de chevaux, pas trop de richesse, pas trop d’épouses ; et ajoute un commandement positif : écrire un sefer Torah et méditer la parole divine.

Le roi dans la société hébraïque joue un rôle fondamental : il doit rappeler par sa conduite, la royauté divine (malkhouth chamayim). Seul Dieu est le roi d’Israël. (à l'office du matin, nous récitons au début ce grand principe « HM mélekh, HM Malakh, HM Yimlokh Léolam vaëd » « Dieu est roi, Dieu était roi, Dieu sera roi à jamais.) On lira l’histoire de Gédéon dans le livre des Juges où justement ce dernier refusa le titre royal se référant à la royauté divine. Samuel lui-même émit les plus grandes réserves au moment de la nomination de Saül.

Le roi, reconnu dans sa fonction, doit devenir un exemple pour le peuple (même si ce fut rarement le cas dans l’histoire, il suffit de relire le livre des Rois.)

Or être roi ne signifie pas abuser de son pouvoir, mais justement restreindre son pouvoir, comme on dit « servir et non se servir ». Ici la Torah, qui connaît l'homme, fait des concessions à celui qui possède le pouvoir. Soit, il peut posséder plus que le commun, il peut posséder des richesses, des épouses (18 au maximum (lol!)), mais il doit savoir mettre des limites. Il faut se méfier du « trop ».

Or qu’est-ce qui peut donner cette force de limitation, (qui est le fondement de la sainteté selon Nahmanide) ? La Torah, cette Torah que le roi doit écrire de sa propre main, pour mieux la faire sienne, et la méditer jour et nuit.

Ou bien le roi suit les désirs de son coeur, et il consomme du monde, abuse de sa force ; ou bien il apprend à mettre son pouvoir au service des autres. Il construit un monde de justice selon la volonté divine.

En tant qu'animatrices, animateurs, nous sommes comme des reines et de rois devant les enfants (nous sommes souvent leur référent, une grande sœur, un grand frère). A nous de savoir constamment bien gérer notre relation au groupe, pour servir et non se servir. Pour le bien toujours prêt !

Chabbat Chalom

Philippe

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