Tsomet 90 : Les EEIF en Israël, 65 ans en bleu et blanc

Les EEIF ont fêté les 65 ans d’Israël et leur 90ème anniversaire au Parc Mikve Israël le jour de Yom Haatsmaouth

Le rassemblement festif qui a eu lieu au parc Mikve Israël le jour de Yom Haatsmaout avait, en plus de fêter joyeusement les 65 ans de l’État d’Israël, un autre motif de se réjouir, en vérité quelque 25 années bien sonnées en plus : 90 ans ! C’est que Tsomet 90, célébrait aussi dans un tourbillon de chants « Le matin, tout resplendit, tout chante… »[1] et de joyeuses retrouvailles « Le temps est loin de nos vingt ans... »[2] les 90 ans des E.E.I.F., les Éclaireurs, Éclaireuses israélites de France.

TSOMET

Tsomet (carrefour, croisement en hébreu), dont la première lettre « Tsadei », צ,  a pour valeur numérique 90 ! En un simple mot, Jean-Charles Zerbib (président des EEIF en Israël) et son équipe ont réussi à exprimer la quintessence de ce qui fait les EI (prononcer z’é.y) qu’ils soient en France ou en Israël et que Michel Nakache (le président des EEIF en France) a rappelé à l’ouverture de cette belle journée : « Les EI sont un mouvement porté avant tout par son projet de  scoutisme  juif, soucieux  de son identité juive et sioniste, porteur des valeurs de tolérance et d'ouverture ».

LES EEIF DEPUIS TOUJOURS EN ISRAEL

L’anniversaire des EI « israéliens » avait précisément pour objectif de rassembler le contingent des EI qui, au fil des années, se sont installés en Israël. Des EI en Israël, il y en a toujours eu depuis la création de l’État juif et même avant, quand les premiers pionniers sont montés avant même la fin de la Seconde guerre mondiale (1944) et ont créé le kibboutz Newe Ilan (1946) puis Frédéric Hammel, dit Chameau, à Ein Hanaziv (1947) et aussi Robert Gamzon lui-même, dit Castor soucieux, (fondateur des EIF en 1923) et le Gar’in (une cinquantaine de jeunes cadres) qui se sont installés en 1949 dans un premier temps au kibboutz Sde Eliyahou dans la vallée de Beth Shean. Beaucoup l’ont payé de leur vie en y laissant la leur dans les guerres d’Israël (citons entre autres, Raphaël Weiler, Jean-Benoît (Baruch) Picard et Daniel Weil, z’’l). Car le « jeu EI, le jeu scout » comme l’a souligné Jean-Charles Zerbib est « un jeu sérieux dans lequel l’engagement, engagement dans sa communauté, dans sa cité ou pour Israël, n’a jamais été un mot creux ».

1000 PERSONNES, UNE GRANDE DIVERSITE

Le nombre d’EI montés en Israël n’a jamais été comptabilisé mais, mardi dernier sur la pelouse de Mikve Israël (lycée franco-israélien appartenant à l’Alliance Israélite Universelle), ils étaient en nombre (de 800 à 1200 selon les organisateurs). Anciens et nouveaux EI, olim ‘hadachim[3] ou vatikim[4],  jeunes et moins jeunes, religieux ‘haredim[5] de Bnei Brak ou libre-penseurs de Tel Aviv, de toutes les régions, de tous les groupes locaux, anciens de France et d’Afrique du Nord, ashkenazim[6] et sépharadim[7], tous se retrouvaient là avec bonheur pour partager ce qui fait la force des EI, vivre tous ensemble un grand rassemblement, une expérience unique. Et de fait, il n’y a pas beaucoup d’endroits, que ce soit en Israël ou en France, où l’on peut voir s’exprimer cette spécificité EI, cette unité dans la diversité dont rav Léon Ashkenazi, z’’l, (Manitou, l’un des compagnons de route de Robert Gamzon) disait déjà que c’était le plus grand défi du peuple juif. Karen Allali, la commissaire générale des EI, venue de Paris, a réaffirmé la centralité d’Israël dans le projet EI et a salué l’apport vivifiant qu’y apporte depuis presque dix ans le groupe local Ron Arad qui émerge en Israël (une centaine d’enfants encadrés par 25 animateurs). Une expérience qui l’encourage, a-t-elle dit, à persévérer dans la volonté de créer des unités EI dans les petites communautés juives de France où la jeunesse juive ne bénéficie pas de structures pérennes pour pouvoir se retrouver de façon régulière.

UNE BELLE JOURNEE

Pendant ce temps sur la pelouse de Mikve Israël et dans les bâtiments scolaires mis à disposition par le directeur de Mikve Israel, Ronen Tsafrir et la directrice du lycée, France Bessis, les activités s’organisaient à la façon EI, brouhaha et bon enfant, mais en fait chacun y a trouvé ce qu’il était venu chercher. Sur l’estrade du grand amphithéâtre en plein air, les horot[8] donnaient le tempo ; sur l’herbe éparpillés, des cercles assis ici et là chantaient guitares en main ; les jeunes du GL Ron Arad se sont inscrits pour les camps d’été et ont testé leurs cris d’équipe et « chants de guerre ». Pour ceux que les débats et les confrontations ont toujours passionnés, le grand Forum a mis en présence, sous la houlette de Pierre Dreyfus et Frédéric Cherbite, le Grand Rabbin René-Samuel Sirat, le professeur Moshe Herr, Julia Siboni et Karen Allali sur le thème du « Vivre ensemble en Israël ». Pour les amateurs de belles histoires ou d’Histoire tout simplement, Alain Michel, « l’historien des EI », a présenté ses derniers ouvrages mais aussi, et c’était une exclusivité, Lia Gamzon a révélé quelques pages du récit qu’elle a composé de sa vie à l’ombre de son père sous le titre « La fille de Castor » (toujours en attente d’être édité !). Elle et sa sœur Myriam, si différentes, l’une vivant à Bnei Brak, l’autre, militante de la gauche israélienne, n’en reviennent pas de voir la « création » de leur père toujours aussi vivace, 90 ans après, et qui plus est toujours fidèle aux engagements premiers.

DES PHOTOS DEJA SUR FACEBOOK

Mais le clou de la journée, et c’est ce que le XXIème siècle a apporté de révolutionnaire à ce mouvement presque centenaire, c’est la « salle des souvenirs », une salle de classe transformée en laboratoire photo-vidéo-scanner où chacun est venu déposer son lot de photos (vestiges figés d’expériences EI vécues en camps, stages et activités diverses de tous les âges, toutes les époques et tous les coins de France, d’Afrique du Nord et d’Israël) et, par le miracle de la technologie et de la formidable équipe menée par Jean Pisanté, tout cela s’est retrouvé digitalisé et, presque en temps réel, « posté » sur Internet, les réseaux sociaux et forums internes des EI, soumis aux commentaires et « taggages » des intéressés. Où les photos d’hier et celles du Tsomet 90 rivalisent déjà de popularité. C’est la Mémoire du Mouvement qui est en marche !

Aux EI bien sûr, comme chez tout bon scout qui se respecte, tout finit en chansons autour d’un grand feu de camp et le « Rassemblo » final en a fait frissonner plus d’un (sans feu de camp mais avec beaucoup de chaleur dans les cœurs) ! Alors « va vers la lumière, Éclaireur d’Israël »…. En attendant Cussac Fort-Médoc 2013[9]

 

 

 

 


[1] Chant traditionnel EI

[2] Chant traditionnel EI

[3] Nouveaux immigrants

[4] Anciens

[5] Ultra-orthodoxes

[6] Juifs d’origine alsacienne, d’Europe de l’Est ou orientale

[7] Juifs d’origine méditerranéenne et d’Afrique du Nord

[8] Danses folkloriques israéliennes

[9] Le grand rassemblement du 90ème en France aura lieu à Cussac Fort-Médoc dans le Bordelais les  21 et 22 juillet prochains

 

Catégorie: