Pensée sur la Parasha Toldot

Connaissez-vous le proverbe « ce que femme veut, Dieu le veut » ? Et celui-ci : « qui va à la chasse perd sa place » ? Comme les proverbes ont souvent des origines confuses, nous pouvons poser que ceux-ci peuvent provenir de notre paracha.

En effet, la femme qui veut ici n’est autre que Rebecca, épouse d’Isaac et mère d’Esaü et de Jacob. Or, Rebecca usera d’un subterfuge pour faire passer Jacob à la place d’Esaü afin que ce soit son cadet qui reçoive la « bérékha », la bénédiction, du père. Et à quel moment ce subterfuge fonctionnera ? Quand l’aîné, le chasseur, ira justement à la chasse. Et au final, Dieu authentifiera le choix de la femme, au moment du rêve de l’échelle.

Que se passe-t-il dans cette paracha ?

Isaac, fils d’Abraham, doit transmettre la bénédiction à ses enfants. Idéalement, les deux fils devraient recevoir la bénédiction, ce qui signifierait qu’ils portent ensemble le projet monothéiste de la réussite de l’Histoire (à la manière dont Moïse et Aaron ont reçu chacun leur prérogative de la part de Dieu). Sinon le plus méritant recevra seul cette bénédiction. Pour Isaac, aveugle (et peut être aussi aveuglé par le caractère d’Esaü), la bénédiction doit passer par Esaü. Rébecca semble plus lucide, elle voit les choix de vie de ses deux enfants : Esaü est un chasseur et un jouisseur de la vie (par exemple, il épousera deux Cananéennes, ce qu’Abraham avait interdit pour Isaac) ; Jacob est berger, avec tout ce que représente ce rôle dans la mentalité biblique (méditation, réflexion, prière).

Rebecca fait alors le choix du plus jeune qui paraît plus responsable que son aîné.

Dans le Talmud (TB Sahnédrin 37 a), les sages enseignent « l’homme doit se dire c’est pour moi que le monde a été créé ». Esaü aurait pu entendre cet aphorisme ainsi : « je vais mourir, alors profitons du monde qui a été créé pour moi ». Jacob aurait dit : « Je vais mourir, transmettons aux générations futures le projet de Dieu pour construire le sanctuaire de Dieu sur terre. »

Un EI se reconnaîtra bien sûr en Jacob et en Rebecca !

Chabat Chalom

Philippe Haddad

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