Paracha Lekh Lekha 5775 : La révolution d'Abraham

 

Abraham, une référence

Cette semaine nous allons découvrir la vie de notre premier patriarche, Abraham, qui pour l’heure se nomme Avram. La Torah lui accorde tant d’importance qu’elle lui consacre plus de 12 chapitres, alors qu’elle n’en consacra que 4 à Noé.

Abraham constitue une référence incontournable pour le judaïsme, mais également pour le christianisme et pour l’islam (qui le nomme Ibrahim). En 1967, en pleine guerre des 6 Jours, des hommes de foi et de bonne foi, fondèrent l’association « la fraternité d’Abraham », qui fonctionne toujours, et dont le but était de promouvoir le dialogue fraternel entre les fidèles des trois monothéismes (http://www.fraternite-dabraham.com).

 

La révolution d’Abraham

Aujourd’hui, nous voudrions répondre à cette question : en quoi consista la grande révolution abrahamique ? On enseigne souvent qu’Abraham découvrit le monothéisme. Dans une sorte de réduction mathématique, il ramena l’ensemble des divinités à une seule : « le Dieu des cieux et de la terre » (Gn 24, 3), ceci n’est pas faux, mais pour le moins incomplet. Car même dans les traditions polythéistes, il existe la foi en une divinité tutélaire, supérieure, à laquelle les autres dieux sont soumis. Malki-Tesdek lui-même, roi et prêtre cananéen de Salem, proclamait le Dieu suprême ! (Gn 14, 18)

En fait la révolution d’Abraham ne fut pas que religieuse et théologique, elle fut tout aussi éthique. Abraham découvrit que le rapport au Dieu unique ne pouvait être détaché d’une conduite vertueuse. A partir d’Abraham, religion et morale seront intimement liées.

En d’autres termes, le rapport au divin ne peut faire l’économie du rapport à autrui. Si la piété n’entraîne pas un comportement idoine vis-à-vis de notre prochain, alors la religiosité perd toute son authenticité.

Ainsi lors de son plaidoyer pour Sodome, le patriarche n’hésitera pas à interpeller ainsi l’Eternel : « le juge de toute la terre ne pratiquerait-il pas la justice ? ». Plus tard, après l’acte hautement religion de la circoncision, Abraham se montrera comme modèle d’hospitalité envers ces envoyés divins qu’il prit d’abord pour de simples bédouins du désert.

 

Le fondement de la Torah

Les maîtres de la tradition pharisienne entendirent ainsi ces leçons bibliques. A un candidat à la conversion - qui voulait curieusement apprendre toute la Torah le temps de rester sur un pied (le speed-torah !) - Hillel (un Rabbi qui vécut quelques trente années avant Jésus) lui répondit : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fît, le reste n’est que commentaire, va étudier ! ». Plus tard le grand Rabbi Aquiba (qui mourut en martyr sous l’empereur Hadrien) enseigna : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même, voilà le grand principe de la Torah ».

En ces temps de fanatisme religieux, il est bien urgent de redécouvrir le message hautement moral d’Abraham.

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