Lecture de la Haggada : A propos des plaies en Égypte et sur la mer

 

Dans la Haggada de Pessah, quelques passages peuvent nous étonner, notamment cette curieuse discussion entre les maîtres de la Michna, concernant le nombre de plaies qui se sont abattues sur les Égyptiens en Égypte et ensuite devant la mer.

  1. Rabbi Yossé le Galiléen, en s'appuyant sur une exégèse typique du Midrach, dit qu'en Égypte, il y eut 10 plaies et sur la mer 50 plaies.

  2. Rabbi Eliézer dit, toujours à partir d'un exégèse de verset, qu'en Égypte chaque plaie fut quadruple, soit 40 en Égypte et 200 sur la mer.

  3. Rabbin Aquiba, reprenant l'exégèse de Rabbi Eliézer, augmente le chiffre, soit 50 en Égypte et 250 sur la mer.

A quoi joue les rabbins ?

Je proposerai un réponse en lien avec un principe de la physique : le principe de la complexité que développe le physicien Marc Lévy qui écrit :

 

«  Pour le matérialiste, tout est hasard. Pour le spiritualiste, rien n'est hasard. Et cette absence de hasard, il l'appelle parfois "providence". Je préfère l'appeler "cohérence". Tout est le fruit d'un logique créative en marche, non déterministe mais cohérente. »

 

L'action de Dieu qui agit dans la réalité ne se traduit-elle pas la complexité qui structure le réel. Nous ne percevons chacun qu'un aspect partiel des choses, c'est-à-dire que nous percevons la réalité à notre mesure. De la nature, le peintre perçoit les couleurs et les formes ; le poète une âme ; le chimiste les composés de la matière ; le mathématicien, des équations ; le physiciens des forces ; un promeneur, des champignons pour la soupe, etc.

Nos maîtres soulignent cette complexité de l'action providentielle par le passage du 10 au 50, ou du 50 au 250. A travers ces commentaires qui font sourire, peut-être nous invitent-ils à prendre la réalité au sérieux de sa complexité ?

Hag saméah

Philippe  

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