Pour n'oublier personne, envoyez-nous vos bonnes nouvelles ( mariages, fiançailles et autres naissances). Nous les ferons paraître dans le prochain numéro.
Que vous soyez philatéliste ou pas,
l’impression du timbre à
l’effigie du Grand Rabbin Kaplan(ztl) constitue un événement. C’est le
premier timbre français à l’effigie d’un rabbin
contemporain.
Il a été édité 8 millions de
timbres, 8.000.000
d’occasions d’informer et de faire reconnaître que la France honore un religieux
juif !
Ces 8 millions d’occasions peuvent
être perdues si la demande n’est pas au rendez-vous. Si personne ne réclame
ce timbre, il ira dans quelques mois au Pilon.
Alors que ce soit pour un courrier de
GL, ou simplement personnel, envoyez une lettre affranchie à 53 centimes,
apposée du timbre du Grand Rabbin Kaplan.
Comme vous le savez, la mission de
David Djian arrive à son terme et après deux ans de bons et loyaux services, le
Conseil d’Administration a cherché un successeur à son
poste.
Après un appel à candidature c’est
finalement à Valérie
Davis
que le Conseil d’Administration a choisi de confier cette
mission.
Je vous propose de commencer à faire
connaissance avec Valérie.
Franck
Chekroun: Valérie, peux-tu te présenter et
nous dire ce que tu fais et nous raconter ton
parcours ?
Valérie
DavisAllouche:
J’ai commencé mon
parcours EI à Montpellier peu après mon arrivée des Etats-Unis. J’avais 19 ans
et le GL cherchait une animatrice BC. Ensuite les choses sont allées très
vite : Activités, Camp d’été, CN 85, Camp de Form…J’étais engagée, motivée,
passionnée, par ce mouvement qui m’a aidée à m’intégrer en France et qui m’a
fait découvrir mon identité juive, J’ai rencontré des formateurs, des leaders,
des jeunes qui ont allumé en moi une flamme, me donnant envie de créer, de
transmettre, d’être responsable. Cette passion m’a amenée à devenir
successivement RBC du GL de Montpellier, chef de camp, formatrice, RNBC,
animatrice PIF, de nouveau RNBC…autant de petits sauts en avant récompensés par
le totem « Wallaby ».Après 15 ans d’expérience aux EI dont 6 années en tant que RNBC, j’ai été
embauché par l’AJJDC, American Jewish Joint Distribution Committee (The Joint)
où je suis devenue la directrice associée de l’organisme de formation
« Leatid Europe ».
Franck
Chekroun :Merci Valérie pour cette présentation qui
ne manque pas de décrire ton attachement au mouvement. Quelles sont tes
motivations et tes envies pour le mouvement ?
Valérie
DavisAllouche:
En ma
qualité de directrice associée de Leatid Europe,j’ai appris, à travers nos séminaires de
formation des concepts, des idées, et des outils extrêmement utiles en
management et gestion de ressources humaines, en développement communautaire, en
communication, et en Judaïsme pour leaders juifs
J’ai
tant envie de partager ces expériences avec le mouvement. Je souhaite aussi
continuer à échanger avec les leaders,communautés et organisations juives européennes avec lesquelles je
travaille depuis 8 ans.
Certains
de ces leaders communautaires sont très désireus de mieux connaître les EEIF,
nos méthodes, nos objectifs et les moyens mis en œuvre pour les atteindre, notre
minimum commun, notre savoir-faire en terme de projets pédagogiques, notre
qualité de « bâtisseurs de ponts ».
Donc,
une partie de ma motivation vient de cette ouverture vers l‘Europe, vers les
autres mouvements de jeunesse (juifs et non-juifs), vers un échange
d’expériences et de savoir-faire, mais elle vient aussi de mon désir d’être le
moteur d’une équipe dynamique prête à consolider nos forces, améliorer nos
points faibles, amener le mouvement en avant.
Franck
Chekroun :Déjà envie d’y
être
Valérie
DavisAllouche:
J'ai
énormément d'idées et de projets. J'aimerais avant tout partager ma vision au
plus vite avec le Conseil d’Administration, l'équipe du Centre National, les
RGL, les animateurs, les bats, les éclais, et pifs, les parents....avec tous les
acteurs du mouvement
Franck
Chekroun : Aura-t-on la chance de te voir sur
les camps cet été?
Valérie
DavisAllouche:
oui,
cela fait parti de mes priorités car je sais que c'est sur nos terrains de camps
que tout prend forme
Les
camps d'été sont le miroir du mouvement, c'est la où on peut observer nos
capacités d'accueil, l'efficacité de notrepédagogie, le niveau de formation
de nos animateurs et chefs de camps.
C'est
l’idéal et les valeurs EI concentrés sur 3 semaines.
Franck
Chekroun :Je sens une impatience et une grande envie,
n'est ce pas?
Valérie
DavisAllouche:
J’ai hâte d'y être!
Franck
Chekroun :C'est-à-dire ?
Valérie
DavisAllouche:
Je suis
très impatiente de me retrouver aux EI. J'ai quitté mes fonctions il y a 9
ans.... j'ai envie de rencontrer les RGL, les animateurs, de visiter des GL,
voir ce qui se passe en activité, le mouvement a évolué, les zadeks de 1997 sont
a présent chefs de camps et formateurs.
J'ai
hâte de les connaître
Franck
Chekroun :Je vois que tu es pleine d'énergie et
d'envie, de te mettre au travail sans tarder. Je crois que tu auras le temps de
communiquer toute cette motivation au mouvement!
Un dernier mot pour conclure cette
première reprise de contact avec le mouvement??
Valérie
DavisAllouche:
Ca
recommence! Je me lève a 2 heures du matin pour noter mes idées, mes projets,
mes priorités, ... j'ai même fait une check List et un début de retro-planning.
Franck
Chekroun : Motivée?
Valérie
DavisAllouche:
Je
dirais...passionnée par cette nouvelle aventure et ces nouveaux défis. Alors à
très bientôt!
Franck
Chekroun :Merci Valérie et donc à très
bientôt!
Dimanche dernier, le pavé parisien a tremblé, secoué par une acti INTER-GL qui rassemblait les EI de l'ouest de Paris. Emmenés par Copernic et Dufrénoy, Golda, Noam, Ségur et la BM d'Henri Schilli avaient répondu à l'appel. Au programme, un jeu de piste citoyen autour des institutions politiques parisiennes qui s'est achevé par une remise de prix de haute folie et un goûter au Champ de Mars (de haute folie aussi le goûter. 75% des personnes interrogées ont déclaré préférer le Quatre Quart de Ségur aux Pim's de Copernic et 65% aux Saint Sauveurs de Golda. Sondage exclusif Enjeux-lesZehis). D'ailleurs, tous les GL participants ont fini dans les 6 premiers (sans compter les ex-æquo), c'est dire si le niveau était élevé!
En termes de contenu, les objectifs de découverte des hauts lieux de la démocratie se sont imposés d'eux-mêmes. Il était nécessaire de montrer aux bâts et aux éclais un autre visage du Paris qu'ils voient tous les jours (l'Assemblée Nationale, l'Hôtel de Ville...) mais dont parfois ils ne connaissent ni la mission ni l'utilité. Cette activité n'aura sûrement pas épuisé le sujet mais aura souligné sinon une soif d'apprendre du moins une ignorance qui n’attend que d' être comblée.
Au delà de ça, que retenir de cette première depuis la disparition de la REGIP à la fin de l'année dernière? S'il l'on avait oublié, cela nous aura rappelé que ça reste difficile quand on a pas l'habitude d'organiser une acti à 120, entre les parcours incomplets, les animateurs qui ont attendu en vain à des stands et d'autres qui sont arrivés en retard...chacun a pu faire preuve d'une belle capacité d'adaptation pour suivre les équipes et faire que tout se passe au mieux en termes de sécurité chez les bâts comme chez les éclais.
Enfin, cette acti a permis de faire se retrouver ou se rencontrer des membres de GL proches géographiquement. Des actis en commun avec un ou deux GL avaient déjà eu lieu (et un camp aussi! ) mais jamais à cette échelle. C'est pourtant là que pourrait se mettre en place des projets de formation, des campagnes de communication, des acti plus ciblées, bref, des dynamiques Inter-GL qui profiteraient à tous. Alors, en attendant la prochaine, vive l'Inter!
L’avant-première du long métrage
d’Eric Tolédano et Olivier Nakache, Nos Jours Heureux, s’est donc déroulée,
comme prévue le 29 mai dernier au cinéma Gaumont Marignan sur les Champs
Elysées.
Ce sont un peu plus de 300
personnes, bât, éclai, PIF, animateurs, anciens et sympathisants des EI qui se
sont donnés rendez-vous ce soir-là pour soutenir une cause, celle du projet
Zéout, en prenant un plaisir immense à regarder un film aussi frais et drôle que
l’est Nos Jours Heureux.
C’est dans une ambiance chaleureuse,
propre aux EI, que David Djian, notre Commissaire Général,a ouvert la soirée par un discours et a
présenté le projet des Perspectives.
Tout au long de la projection, nous
avons pu revoir ces scènes si familières, dont nous avons été les témoins lors
de nos camps. Qui a pu résister à se mettre dans la peau des personnages et se
dire « moi j’aurais fait ça », « je lui aurais dit ça » ou
« je me rappelle, ça m’est arrivé ».
En fin de soirée, les réalisateurs
accompagnés de Jean-Paul Rouve, Joséphine de Meaux, Julie Fournier et Lannick
Gautry se sont mêlés à nous autour d’un verre, des flashs d’appareils photo, de
signatures d’autographes, et répondaient à toutes les questions des petits comme
des grands !
Au-delà du fait que cette
soiréeait été un véritable succès,
elle a permis au projet Zéout de générer des fonds, pour le mener à bien jusqu’à
la dernière ligne droite ; la recette de la soirée a été de 4260€ !
Merci à tous ceux qui sont venus et
à ceux qui nous ont apporté leur soutien !
On n’a plus qu’une chose à faire
pour remercier Eric Tolédano et Olivier Nakache de nous avoir offert en
avant-première les souvenirs de « leurs jours heureux » : y
retourner le 28 juin lorsque le film sortira en salle et en parler autour de
nous, afin qu’il obtienne le succès qu’il mérite !
Cet été, au mois d'août, aura lieu en Israël le voyage Robert Gamzon pour les animateurs du mouvement.
Les dates: du 3 au 23 août 2006. Prix : 1300 Euros
Le programme : visite de Jérusalem, Tel-Aviv, la Galilée, le sud (bédouins, Massada, Ein Gedi…) À noter également que cette année aussi nous renouvellerons le partenariat avec l’association étudiante israélienne Ayalim, et nous passerons quelques jours avec eux dans leur village… Pour en savoir plus sur cette association : http://www.ayalim.org.il/index.php?page_id=331
Enfin, précisons encore que ce voyage est également ouvert à un certain nombre de jeunes qui ne font pas encore partie des EI, l’occasion d’intégrer de nouveaux animateurs…
Alors, merci de faire circuler ces premières infos et de vite vous inscrire : dany@eeif.org
Shavouoth
nous rappelle « le temps du don de notre Torah » (zémane matan
toraténou). Cette Torah fut donnée le 6 du mois de sivan, soit cinquante jours
après la sortie d’Egypte. Le Talmud va proposer une réflexion intéressante sur
cette révélation divine et sur la responsabilité qu’elle implique surtout de la
part d’Israël, à partir d’un midrash.
Disons-le
d’emblée, il n’est pas nécessaire de prendre un midrash au pied de la lettre,
l’historicité ici possède moins de valeur que la leçon qui nous est transmise.
Ceci posé, rendez-vous donc dans le traité Shabbat. Puis à toi de réfléchir et
de réagir à notre interprétation !
« Ils
se tinrent sous la montagne (Ex XIX) : Rav Avdimi bar Hama
enseigne : Cela t’apprend que le Saint, béni soit-Il, retourna la colline
comme un tonneau au-dessus d’Israël, et leur dit : Si vous acceptez la
Torah tant mieux, sinon là-bas sera votre tombeau. Rav Aha enseigne : Ceci
constitue une grande contestation contre la Torah (Nous pourrons toujours dire
nous avons été contraints, pourquoi nous juger au sujet des transgressions).
Rabba répond : Oui mais ils acceptèrent la Torah à
Pourim. »
Ce texte a
été diversement interprété par nos maîtres. A nos yeux, ce passage contient un
grand enseignement pour les EI, c’est-à-dire pour la jeunesse juive
d’aujourd’hui.
La
Torah est imposée par Dieu. Quel sens donné à cette imposition ?
La Torah est imposée comme notre identité juive est imposée. As-tu choisi de
naître juif ou juive ? As-tu seulement décidé de naître ? Dans
l’existence, nous constatons que nous subissons des contraintes
extérieures : le lieu de notre vie, notre mémoire, notre culture. C’est un
fait existentiel que nous acceptons le jour où notre conscience se réveille (à
l’âge de la bat-mitsva ou bar-mitsva, par exemple).
Manitou
disait que la Torah est notre carte d’identité. Nous puisons la
définition de notre être à partir de cette parole, nous justifions notre
relation à la terre d’Israël à travers les promesses divines faites à Abraham,
Isaac et Jacob.
Ainsi
peut-on comprendre cette imposition. Même un sociologue comme Albert
Memmi, qui se définit comme non-religieux, part du constat de sa
judéité.
Alors face à
cette imposition d’être deux attitudes possibles : ou bien nous assumons
cette identité et nous continuons ce que nos parents ont commencé, et nous
transmettons à notre tour les valeurs juives ; ou bien nous cessons la
transmission, nous décidons de rompre avec le passé et donc avec notre avenir.
C’est possible, l’homme est libre, l’homme juif aussi. Mais la conséquence sera
claire : « là-bas sera votre tombeau ».
Pourquoi
« là-bas », cham ? Pourquoi le texte ne dit pas
« ici », po ?
La perte de
l’identité ne se fait pas sur une génération, elle se fait sur deux, voire
trois. La mémoire colle à la peau, l’identité juive nous travaille. Et puis, des
parents s’assimile ou veulent s’assimiler et puis, voilà que les enfants ou les
petits enfants reviennent. (J’ai connu des marranes à Nîmes qui se
(re)convertirent au judaïsme après six siècles de
rupture !)
Tu connais
l’histoire (drôle) de ce juif qui veut tellement s’assimiler qu’il va dans un
club d’antisémite. Quand on lui demande sa religion, il répond :
goy !
Voilà la
réflexion que nous pourrions avoir pour ce Shavouoth.
Toi
qui es EI (toujours prêt) pense que tu ressembles à un semeur. Tu
jettes les graines d’un savoir, d’une identité ; les enfants qui viennent
sur un camp, dans un GL, vont recevoir ce que tu le donneras, à l’image du
Saint, béni soit-Il, qui offrit la Torah au Sinaï. Oui, ta responsabilité d’EI
va jusqu’au là : tu es garant d’un message, d’une identité qui s’imposent à
toi, mais que tu as décidé d’assumer librement.
Pourim est la
réponse humaine à l’imposition de Shavouoth !
C'est un usage répandu dans
tout Israël de lire à Chavouoth, avant la section du Pentateuque fixée pour
cette fête, le Livre de Ruth. Cette lecture se fait même, en Israël, avec les
bénédictions qu'on ne prononce, dans la Diaspora, que pour le rouleau d'Esther.
En effet, il s'agit d'une pratique très ancienne déjà mentionnée dans le traité
"Soferim" composé à l'époque des Gueonim. Toutefois on en lisait alors une
moitié à l'issue du premier jour, et le reste à l'issue du second jour (en
Babylonie).
Pour quelle raison a-t-on fixé cette
lecture le jour du Don de la Loi?
Dans le Midrache Zouta sur
Ruth, qui semble également dater du temps des Gueonim, on lit: "Quel est le
rapport entre Ruth et la Fête de Clôture {Chavouoth), pour qu'on lise ce
livre lors de la commémoration du Don de la Loi? C'est pour nous
apprendre que la Loi n'a été donnée qu'à travers des épreuves et des
misères. —- Maître du monde, dit la Loi au Saint béni soit-il, attribue-moi à
une nation pauvre, car si des riches me prennent en charge, ils
s'enorgueilliront. Si; par contre, ce sont des pauvres qui me prennent en
charge, ils n'oublieront pas qu'ils ont faim." Le Livre de Ruth est donc
considéré comme une description de la pauvreté.
Un autre commentateur ancien,
Tobie ben Eléazar (antérieur à Rachi), ajoute une autre raison: ". . .
Parce que ce livre n'est que charité, et que la Loi n'est que charité..." Un
autre encore, Abraham ben Nathan de Lunel, affirme que la lecture de Ruth a été
introduite à Chavouoth parce que les événements qui y sont racontés se sont
produits au début de la moisson de l'orge (1,22), ce qui correspond à la date de
la fête. Le même auteur, suggère que la conversion de Ruth peut être
rapprochée de l'acceptation de la Loi par les enfants d'Israël. On a
souligné aussi que les offrandes de la Fête des semaines comportent deux
pains, ce qui n'est le cas pour aucune autre fête, et qu'en outre le Pentateuque
précise à cette occasion qu'au moment de la moisson, il faut laisser glaner les
pauvres (Lévitique XXIII, 22), précepte accompli scrupuleusement par Booz, qui
disait à ses moissonneurs: "Laissez-la même glaner parmi les meules sans
l'humilier.Et même faites-en [des
épis] tomber exprès des gerbes, et laissez-la glaner sans la gronder."(II, 15-16).
Une autre raison qui a été
suggérée beaucoup plus tardivement est la tradition qui fait mourir le Roi David
le jour de Chavouoth. Or le motif visible du récit de Ruth est d'exposer les
origines du fondateur de la grande dynastie royale.
Il semble cependant que
toutes ces explications ne soient pas suffisantes. Le jour anniversaire de
la promulgation de la Loi, on pourrait s'attendre à une autre lecture
supplémentaire que celle d'un petit rouleau où, selon la parole même de nos
Sages, "on ne trouve aucune question d'impureté ni de pureté, de défense ni de
permission."
Je crois pouvoir proposer une
explication plus satisfaisante. Il me semble vraisemblable que l'usage dont nous
parlons a vu le jour, comme beaucoup d'autres du même genre, à l'époque de la
fondation du Caraïsme par Anane ben David, afin d'appuyer les doctrines
traditionnelles contre les innovateurs.
En effet, nous y voyons Ruth,
une Moabite, abandonner son peuple et ses dieux et adhérer à Israël, puis se
marier à un grand personnage, chef d'une noble famille de Bethlehem, pour fonder
avec lui une lignée princière. Or, si nous nous en tenons, comme les Caraïtes au
texte explicite du Pentateuque, en refusant la tradition orale, nous sommes
obligés de considérer cette union comme une grave mésalliance. Il est écrit en
effet (Deutéronome XXIII, 4) : "Un Ammonite et un Moabite ne pourront entrer
dans la communauté de Dieu. Même la dixième génération descendant d'eux ne
pourra entrer dans la communauté de Dieu à jamais."
Mais la Loi orale a
précisé qu'il ne s'agit que des mâles: "Un Ammonite, — mais pas une Ammonite; un
Moabite, — mais pas une Moabite" (Talmud Yevamoth, 73 a). Cette interprétation
était justement l'une de celles que les Caraïtes attaquaient vigoureusement
(cet argument est mentionné dans l'ouvrage Zékher Tsadikim du Caraïte Mordehaï
Sultanski). Mais d'un autre côté, sans prendre garde à la contradiction, les
adeptes de Anane ben David affirmaient être les seuls à suivre le chemin tracé
par la maison de David, qui est le vrai judaïsme, contrairement aux errements
des Rabbanites, qui seraient, d'après eux, les successeurs du rebelle Jéroboam
et de ses partisans.
Le Livre de Ruth servirait
donc d'argument décisif contre les prétentions des hérétiques et de
garantie de l'authenticité de la Loi orale.
On a du reste fait remarquer que,
selon une légende, Abner et Doëg avaient eu, du temps que Saül était encore
vivant, une controverse sur la légitimité de David, parce qu'il descendait d'une
Moabite. C'est Amassa qui aurait alors tranché la question, après avoir consulté
le prophète Samuel. Comme la tradition talmudique attribue à Samuel lui-même la
rédaction du Livre de Ruth, il est permis de penser que le prophète a entrepris
de raconter l'histoire de Ruth afin de faire taire les doutes sur la légitimité
du nouveau roi.
Extrait des Carnet de l'éducateur juif N°7
(Sivane) A noter que de nombreux ouvrages, d'études
et d'activités, sur Shavouot sont disponibles aux Centre
National.
Si l’existence d’une communauté juive à Paris et en France est attestée
au VIème siècle, on ne peut parler d’une continuité
en matière de présence juive à Paris, et ce pour une raison évidente :
l’expulsion des Juifs du royaume de France en 1394.
Les Juifs de Paris ne furent jamais contraints d’habiter un quartier
délimité, il n’est donc pas question de Ghetto, mais plutôt de regroupement
volontaire : les Juifs s’installent ensemble par commodité, pour être prêt
des instances communautaires (synagogues, boucheries cashères,
mikveh…).
Le quartier juif médiéval se trouve
près de l’Ile de la Cité et à la même époque, une communauté juive habite dans
la périphérie du Marais.
A l’époque de la révolution française, malgré l’édit d’expulsion encore en
vigueur, environ 500 juifs habitent à Paris, en 1809 ils sont 3 000, et à la fin
du 19ème siècle près de 45 000.
Au XVIII ème siècle des
juifs originaires d’Alsace-lorraine s’installent dans le
quartier
Au XIX ème siècle le
quartier du Marais, déserté par la bourgeoisie, devient un quartier populaire.
C’est ici que s’installent la plupart des 110 000 juifs, la plupart
d’Europe de l’est, qui immigrent à Paris entre 1880 et
1939.
Le cœur du Marais juif est la rue
des Rosiers, Voici quelques sites qui sont assez symboliques de l’histoire et de
l’actualité de ce quartier.
Tout d’abord, signalons deux musées
qui se trouvent dans le quartier du Marais et dont le détour
s’impose :
Au Moyen-Age, le jour de Pâques de
1290, un juif dénommé Jonathas fut accusé de profanation d’hostie et brûlé en
place de Grève (actuelle place de l’Hôtel de Ville).
On fit ensuite détruire la maison de
Jonathas et construire une église à sa place.
Notons qu’au Moyen-Age,les accusations de meurtres rituels et
de profanations d’hosties envers les juifs étaient courantes.
Le Pletzl
Le Pletzl ("petite place" en
yiddish) était le nom que les habitants ashkénazes du quartier donnaient au
Marais.
La place en question n’est pas
située à un endroit précis, la désignation est plutôt générale.
La Synagogue de la rue Pavée, 10 rue
Pavée.
Cette synagogue est le fruit d’un
regroupement d’associations du monde orthodoxe originaires de Russie et de
Pologne : Hagoudath Hakehilot (Union des
communautés).
La construction de cette synagogue
en 1913, marque une véritable cassure avec les synagogues consistoriales
construites à la fin du 19ème siècle : c’est dans un style
moderne que l’édifice est construit, il n’est plus question des grandes
constructions telles que celles des Tournelles ou de la
Victoire…
Deux éléments liés à l’aménagement
intérieur de la synagogue marquent le changement : la Bima (estrade où se
fait la lecture de la Thora)est
située au centre de la synagogue et non à l’avant, près de l’Arche Sainte,
enfin,il n’y a pas
d’orgue.
Pour la construction de la
synagogue, on fait appel à Hector
Guimard qui est le représentant de l’Art Nouveau en France, et qui
est bien connu pour ses constructions des bouches du métro
parisien.
De plus, Guimard construit vite et
avec des matériaux économiques…
Le recours au style moderne et le
choix de Guimard, marquent bien la volonté des orthodoxes d’intégration à la
société française.
Il n’est pas question
d’assimilation, mais d’intégration d’une minorité étrangère à la société
ambiante tout en se démarquant du judaïsme consistorial.
L’école de la rue des
Hospitalières-Saint-Gervais, (n° 8-10de la rue des
Hospitalières-Saint-Gervais) : les premières écoles juives de
Paris.
Deux écoles, l’une de garçons
l’autre de filles, furent transférées à cette emplacement en 1846. Ces écoles,
créées en 1819, furent les premières écoles consistoriales.
Elles étaient financées par le Baron
de Rothschild, et en 1836, devinrent des écoles communales, financées par la
ville de Paris. Dans les années 1880, elles étaient fréquentées par une majorité
d’enfants juifs. Fait exceptionnel, jusqu’en 1944, ces écoles étaient fermées le
jour du Shabbat.
Aujourd’hui, deux plaques attirent
notre attention à l’extérieur, des deux côtés de la porte d’entrée principale de
l’établissement.
Sur la première on peut lire
l’inscription suivante : « 165 enfants juifs de cette école déportés
en Allemagne durant laseconde
guerre mondiale furent exterminés dans les camps nazis. N’oubliez
pas. »
Ces enfants furent arrêtés au cours
de la rafle du Vel D’hiv, le 16 juillet 1942.
Sur la seconde plaque il est
inscrit : « A Joseph Migneret instituteur et directeur de cette école
de 1920 à 1944 qui par son courage et au péril de sa vie sauva des dizaines
d’enfants juifs de la déportation. Ses anciens élèves
reconnaissants. »
Cette école (aujourd’hui l’ORT)
était d’abord située rue des Singes en 1865. Plus tard, l’école fut transférée
ici.
A cet emplacement il y avait
auparavant un orphelinat.
Les initiateurs de la création de
cette école furent trois des membres fondateurs de l’Alliance Israélite
Universelle : Eugène Manuel, Manuel Leven et Narcisse
Leven.
Cette école fut créée pour intégrer
les jeunes issus de l’immigration dans le monde du
travail.
Elle fut pendant longtemps le
symbole de cette population ouvrière issue de l’immigration de l’Europe de
l’est.
A l’entrée de l’école, sur une
plaque on peut lire l’inscription suivante : « A la mémoire du
directeur du personnel et des élèves de cette école arrêtés en 1943 et 1944 par
la police de Vichy et la gestapo déportés et exterminés à Auschwitz parce que
nés Juifs. »
La rue des Rosiers
C’est le cœur actuel du Marais
juif.
La rue des Rosiers est également
célèbre à cause de l’attentat dont le restaurant Jo Goldenberg fut la cible le 9
août 1982 (cet attentat fit 6 victimes et 22 blessés).
Aujourd’hui c’est le symbole de ce
"quartier juif" immortalisé par Rabbi Jacob.
« Salomon, vous êtes
Juifs ?? !! »
Bibliographie
:
Dominique Jaqrrasse :
"Guide du patrimoine juif parisien", Parigramme 2004.
Béatrice
Philippe : "Les juifs a Paris a la belle époque", Albin Michel
1992.
Jeanne Brody : "Rue des Rosiers : une manière d'être juif",
autrement série monde HS N.82, Février 1995.
La Russie invite l'Iran à saisir la "réelle opportunité" de résoudre pacifiquement la crise liée à son programme nucléaire iranien après la proposition américaine d'un dialogue direct et sous conditions avec Téhéran.
"Moscou salue l'annonce par les Etats-Unis de leur disponibilité pour participer à des négociations directes avec Téhéran dans le but de résoudre la situation liée au programme nucléaire iranien", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
"Aujourd'hui est apparue une réelle opportunité de parvenir à un (tel) règlement", poursuit le ministère.
"Nous invitons l'Iran à réagir de manière constructive", ajoute Moscou.
Les Etats-Unis se sont dit prêts à discuter avec l'Iran si la république islamique renonçait à son programme d'enrichissement d'uranium, ce qu'elle refuse.
PARIS (AP) -- Jean-Louis Gergorin, personnage-clé de l'affaire Clearstream, est arrivé jeudi en fin de matinée au pôle financier du Palais de justice de Paris où il doit être présenté aux juges d'instruction en charge de ce dossier en vue de son éventuelle mise en examen pour "dénonciation calomnieuse", a-t-on appris de source judiciaire.
Par ailleurs, le parquet de Paris a accédé mercredi soir à une requête des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons et a élargi leur champ d'investigation. Un réquisitoire supplétif a été pris pour "faux et usage de faux", a-t-on appris jeudi de sources judiciaires. Cette qualification pénale permettra d'engager d'éventuelles poursuites contre les personnes qui ont manipulé les fichiers Clearstream ou demandé leur manipulation et pas uniquement contre la personne qui les a envoyées à la justice. La société Clearstream avait notamment porté plainte pour "faux et usage".
Les avocats de M. Gergorin, Mes Paul-Albert Iweins et Thierry Dalmasso, sont arrivés dans la matinée au pôle financier du Palais de justice de Paris pour consulter le dossier, a-t-on constaté sur place. Ils doivent également prendre connaissance des déclarations de leur client qui a passé 48 heures en garde à vue à la Division nationale des investigations financières (DNIF) à Nanterre (Hauts-de-Seine). Ces dernières semaines, M. Gergorin a reconnu avoir fait adresser deux courriers anonymes au juge Renaud van Ruymbeke dans lesquels il dénonçait de possibles bénéficiaires de rétro-commissions en marge de la vente de frégates à Taïwan.
Parmi ceux-ci, des industriels, des membres des services de renseignement et des hommes politiques dont Nicolas Sarkozy, Alain Madelin, Dominique Strauss-Kahn ou encore Jean-Pierre Chevènement. Les investigations à l'étranger du juge Van Ruymbeke montreront que les accusations du délateur "anonyme" étaient fausses.
L'ancien haut responsable d'EADS va devoir s'expliquer sur l'origine des listings de la chambre de compensation luxembourgoise Clearstream transmis à la justice et leur possible manipulation par l'informaticien Imad Lahoud. AP
STRASBOURG (AFP) - Le festival "Premières", dont la deuxième édition s’ouvre jeudi à Strasbourg, propose un coup de projecteur sur quelques-unes des figures les plus prometteuses de la "nouvelle vague" du théâtre européen.
Initié en 2005 par le Théâtre national de Strasbourg (TNS) et Le Maillon-Théâtre de Strasbourg, l’événement tient désormais lieu de baptême des feux de la rampe pour les dix jeunes metteurs en scène qui, quatre jours durant, vont présenter au public leur première oeuvre professionnelle.
Venant de toute l’Europe (Allemagne, Croatie, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie et Suisse), les lauréats sont issus d’horizons divers: certains sortent à peine des écoles de théâtre (Barcelone, Giessen, Londres, Strasbourg, Zagreb...) tandis que d’autres, s’appuyant sur différentes formes d’expérience théâtrale, se sont investis dans un premier projet de mise en scène.
"Pour choisir les oeuvres, nous sommes partis à travers l’Europe pour au final retenir une dizaine de spectacles, ceux qui nous paraissaient être les plus aboutis", explique Bernard Fleury, directeur du Maillon.
"Cela donne une programmation assez bigarrée, en raison d’itinéraires et de cultures différents", ajoute-t-il, précisant que, selon lui, "les metteurs en scène sont plus expérimentés que l’an passé. Ils sont également plus soucieux des problématiques actuelles, même quand ils reprennent les textes classiques".
Parmi les spectacles de cette cuvée 2006, on peut citer "No es facil de dir", de l’Espagnole Marta Gil Polo (version très personnelle de "La mouette" de Tchekhov), "Titaniamania", du Suisse Tomas Schweigen (relecture tendance "StarAc’" du "Songe d’une nuit d’été", de Shakespeare) ou encore "Outrage au public", du dramaturge autrichien controversé Peter Handke, sur une mise en scène du Croate Miran Kurspahic.
Fin avril, la Comédie-Française avait déprogrammé une pièce de Peter Handke en raison de sa présence aux obsèques de l'ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, le 18 mars dernier en Serbie.
Pour Bernard Fleury, "+Outrage au public+ est une pièce ancienne, antérieure à l’engagement de Handke et n’en porte donc pas trace. De plus, le metteur en scène est croate. Pour nous, il n’y avait aucune raison de ne pas la programmer".
En outre, cette édition 2006 coïncide avec les cinquante ans de l’École Supérieure d'Art Dramatique du TNS. A cette occasion, "OutreScène", la revue du TNS, lui consacre un double numéro et une table ronde sera organisée dimanche matin sur le thème "L’école du TNS: une école dans la décentralisation, une école dans un théâtre".
Enfin, en marge des spectacles, plusieurs concerts sont prévus au Maillon-Wacken.
(Festival "Premières", du 1er au 4 juin 2006 à Strasbourg. Tél.: 03.88.24.88 24 et 03.88.27.61.81 - Lieux des spectacles: TNS, Maillon-WacLen, Espace Kablé et Théâtre Jeune Public
Dimanche, une trentaine de «gros bras blacks» de cette organisation ont débarqué dans le Marais, à Paris, à la recherche de membres de la Ligue de défense juive et du Betar •
«Une balade musclée d'intimidation.» C'est ainsi qu'un libraire de la rue des Rosiers décrit la scène à laquelle il a assisté dimanche peu après 17 heures lorsqu'une «trentaine de gros bras blacks âgés de 20 à 30 ans» ont débarqué dans le «quartier juif» du Marais à Paris. Aux cris de «où sont ces pédés de juifs, où sont les patrons de la Ligue de défense juive et du Bétar (deux groupes d'autodéfense juifs, ndlr)», selon Abraham, un chauffeur de taxi de 50 ans, le groupe a défié durant une dizaine de minutes les passants très nombreux le dimanche.
Tous vêtus de noir, certains avec des gants plombés, d'après des témoins, ils ont effectué plusieurs aller-retour dans la petite artère avant de repartir sans commettre d'agressions autres que verbales.
Alors que la présence policière a été renforcée dans le quartier après l'ouverture d'une enquête, habitants et commerçants dénonçaient lundi la lenteur avec laquelle les forces de l'ordre ont réagi. Tony, 42 ans, s'insurge: «Les flics ont été prévenus immédiatement mais ils ont mis une demi-heure pour arriver. S'ils avaient voulu agresser tout le quartier, personne n'aurait été là pour les arrêter». La préfecture de police prétend pour sa part être «intervenue rapidement», dès qu'elle a été alertée. Elle précise en outre que lors du contrôle d'identité effectué sur 19 personnes après leur départ de la rue des Rosiers, «aucun port d'arme» n'a été relevé.
Sur son site Internet, le groupe des «Kémites Atoniens» a, photos à l'appui, revendiqué son action dans un texte intitulé: «La tribu KA à la recherche de la Ligue de défense juive et du Betar.» Se présentant de façon totalement incohérente comme des «noirs dans la dialectique esclavagiste», ils reprochent aux «milices juives» d'avoir pris «leurs libertés en insultant et en tabassant publiquement les nôtres, notamment lors de leurs marches en l'honneur du vendeur de portable juif Ilan Halimi».
D'où leur décision d'aller les traquer lundi dernier dans un gymnase où on enseigne le Krav-Maga, un sport de défense pratiqué par les militaires israéliens. Mauvaise pioche, il n'y avait là aucun responsables de la LDJ. Dimanche, ils ont donc renouvelé cette opération d'intimidation rue des Rosiers.
Lundi, Igal, qui se présente comme le responsable de la branche activiste de la Ligue de défense juive, assurait: «Ils ont décidé de se mettre à notre recherche, nous on ne se cache pas. Ils ont laissé un message disant qu'il reviendraient tous les dimanche, dimanche prochain on sera là, on les attend!»
Le président du Crif, Roger Cukierman a déclaré lundi après une entrevue avec Nicolas Sarkozy avoir reçu l'assurance que «des mesures seront prises» contre le groupe «Tribu Ka». «Des poursuites individuelles pourraient être envisagées, de même que la fermeture du site internet de Tribu KA qui est particulièrement antisémite», a-t-il précisé. Dans un communiqué, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a également dénoncé «ces comportements insupportables».